De la police, qui nous protégera?

Quoi donc après les applaudissements pour les soignants? Samedi dernier, La Santé en Lutte organisait une manifestation calme et dans le respect des distances. Calme jusqu’au moment où les choses commencèrent à dégénérer. On lira par exemple le témoignage désolant de cette maman venue soutenir les soignants avec son fils d’un an. « On voit un mec et puis une femme se faire frapper. Pas « calmer ». Frapper. C’est autorisé, ça ? Une personne pleure devant cette violence. Qu’est-ce que je fais ? Qui appeler quand c’est la police qu’on dénonce ? Surtout mettre mon fils à l’abri. C’est comme ça que ça fonctionne, la peur ? Une ambulance arrive, très rapidement »

Artiste muraliste, Seth parcourt le monde. En lien avec la crise  du COVID-19, il a réalisé avec une nouvelle série de peintures murales. Peintes dans le treizième arrondissement de Paris, ces œuvres d’art mettent en scène des enfants au milieu d’une aventure imaginaire ou d’une activité ludique : l’un d’eux chevauche un pigeon surdimensionné, un autre souffle des bulles multicolores, et un couple semble flotter au-dessus du sol pour s’embrasser.

Stop dropping masks

Depuis quelques temps, on voit fleurir les panneaux rappelant l’obligation de porter un masque dans l’espace public. Joel Holland nous propose un panneau complémentaire invitant à ne pas jeter  les masques n’importe où. Au même moment,  le Collectif de la Consigne Bruxelloise lutte pour une ville plus propre, durable et circulaire et lance une pétition parlementaire auprès du Parlement bruxellois pour la mise en place d’un système de consigne sur les canettes et bouteilles en P.E.T.

Plages

Les plages sont bondées et, du coup, parfois carrément interdites d’accès comme au Sénégal , ou alors au bord d’une catastrophe écologique, telle la marée noire annoncée à l’île Maurice. Car hélas, le monde continue de (mal) tourner. Le monde dans toute sa réalité, sa cruauté, bien loin de celui proposé par Stéphane Mahé dans son exposition et son livre à paraître : « Somewhere », lieu que l’on souhaiterait rejoindre.

« La beauté du monde, le miracle de la présence des choses, dit-il à  Fabien Ribery, oui, ça me parle comme tout un chacun. Ce que j’aime dans mes errances photographiques, comme vous dites, c’est la mise en disponibilité envers ce qui nous entoure, être au plus proche d’une certaine harmonie entre le moment, le lieu, se laisser « partir Somewhere »… C’est être comme absorbé, c’est une sorte de parenthèse temporelle. Ce que j’évoque n’est pas exceptionnel en terme de ressenti, chacun de nous vit des instants de la sorte, mais c’est juste pour suggérer l’état d’esprit dans lequel je peux être dans ces moments-là. »

Self isolation

Avec son humour habituel, Glen Baxter propose une vision surréaliste du confinement et de la distanciation sociale pour la revue The Plague

Cette revue ponctuelle se veut plus miroir que morbide. « Les contributeurs partagent une vision du monde profondément ancrée qui privilégie les valeurs humanistes et les préoccupations environnementales par rapport au système capitaliste tardif dominant, qu’ils expriment dans une variété de styles et de formes d’art. Ce groupe international… ne peut avoir été constitué qu’à l’ère d’Internet, lorsque les créateurs du monde entier peuvent former un village mondial virtuel de valeurs partagées ».

Médecine alternative

Nouvelle égérie de Trump: la Dr. Stella Immanuel qui croit en l’ADN des aliens, au sperme de diable et à l’hydroxychloroquine. Cette doctoresse de Houston, qui fait l’éloge de l’hydroxychloroquine et affirme que les masques ne sont pas nécessaires pour arrêter la transmission du coronavirus, est devenu une star de l’internet de droite, recueillant des dizaines de millions de vues sur Facebook. Donald Trump a retweeté la vidéo que Facebook et Twitter ont fini par supprimer. Cela a déclenché une nouvelle série de plaintes de la part des conservateurs tandis que Stella Immanuel (qui est également ministre du culte) a déclaré que Jésus-Christ détruirait les serveurs de Facebook si ses vidéos n’étaient pas remises en ligne.

Tout ce ramdam n’empêche pas Randall Whitehead de poursuivre ses recherches en haute couture

Broderies

Tandis qu’en Australie Michelle Hamers brode tranquillement, en Belgique, le Conseil National de Sécurité (CNS) a pris toute une série de nouvelles mesures pour réduire l’épidémie qui repart à la hausse (pour réduire les libertés individuelles, protesteront certains). 

« Les œuvres de Michelle Hamer, cousues et dessinées à la main, nous obligent à affronter ce langage de nos peurs, de nos croyances et de nos aspirations. Basées sur ses propres photographies numériques, prises en un instant, ces œuvres lentes sont sombres et ironiques par leur caractère familier. Elles honorent le langage de la rue tout en questionnant son lien avec notre psychisme et nos édits contemporains. » Nous explique son site

Playing the Piano for the Isolated

Le Japon, pays peu touché par la première vague, fait face actuellement à ce qui s’apparente à une seconde vague. Certains attirent l’attention sur le fait que l’on y retrouve, en terme de répartition par âge,  le schéma floridien : une épidémie tirée par les plus jeunes qui s’étend progressivement vers les plus âgés. Mais pas besoin d’être confiné pour écouter le concert donné par Ryuichi Sakamoto: Playing the Piano for the Isolated

https://www.youtube.com/watch?v=X6td9KUZMfw

Un patriote

Après avoir beaucoup dit le contraire, le Président Trump déclare « Nous sommes unis dans notre effort pour vaincre l’invisible virus chinois, et beaucoup de gens disent qu’il est patriotique de porter un masque quand on ne peut pas garder les distances sociales. Il n’y a personne de plus patriote que moi, votre président préféré ! »

Voilà qui ne doit pas émouvoir Otis Kwame Kye Quaico  qui poursuit ses portraits et auquel Artillery consacre un article dans son dernier numéro. Les cowboys sont patriotes, on le sait. Mais s’ils sont noirs et masqués, peuvent-ils servir de modèle à ce président patriote qui, enfin, recommande le port du masque ?

Drônes

Alors qu’en France ou en Belgique, les drônes étaient jusqu’il y a peu chargés de surveiller la manière dont les citoyens respectaient ou non les mesures de confinement, on voit que d’autres états (ici la Corée du Sud)  sont dans une démarche très différente.

 

Déjà en avril, Francois Amblard nous expliquait  Comment la démocratie coréenne a dompté Covid-19?

Via  @Cholsoon_Jang   // Voir la vidéo

Service National de Santé

En guise d’hommage et de remerciement, ainsi que pour servir d’inspiration aux générations à venir Rankin, célèbre photographe (Publicités,  Rolling Stones Reine d’Angleterre…), a proposé de faire le portrait de 12 travailleurs de santé du NHS (National Health Service) qui ont joué un rôle essentiel face à la pandémie COVID-19.

Le photographe, réalisateur et provocateur culturel britannique, Rankin, a déclaré : « Alors que la pandémie de coronavirus commençait à se développer, j’ai été ému par les efforts incroyables déployés par les gens du NHS et je voulais documenter qui ils sont et leur rôle dans la lutte contre cette maladie. Prendre un portrait est une expérience unique et intime, même avec une certaine distance sociale. Chacun avait sa propre histoire inspirante qui, pour eux, ne faisait que leur travail. J’espère que ces images dépeignent la résilience et le courage dont ils font preuve chaque jour face à l’adversité réelle ».

Les personnes photographiées représentent l’éventail des rôles existants au sein du NHS et comprennent un consultant en soins intensifs, une infirmière en soins intensifs COVID-19, une sage-femme, un psychiatre, un portier d’hôpital, un nettoyeur de salle COVID-19, un auxiliaire médical, un médecin généraliste, un pharmacien, une infirmière de district, un travailleur du centre d’appel 111 et un directeur de l’information (ci-dessous Sarah Jensen).