Vote !

Le dernier débat Trump/Biden est clos, du moins en tv. Chaque camp est maintenant dans la dernière ligne droite, mais il s’agit aussi de pousser à voter, de convaincre que cela sert à quelque chose. Déjà en septembre, AOC (que nous aimons beaucoup) avait produit une petite vidéo.

Dans un style nettement plus vintage, Christopher Sperandio traite l’actualité  au goût des comics des années 40. Nous sommes en guerre, disait E. Macron il y a peu. Vraiment ?

La réanimation pour les nuls

Christian Lehmann est écrivain et médecin dans les Yvelines. Pour «Libération», il tient la chronique d’une société suspendue à l’évolution du coronavirus. Aujourd’hui, sa chronique évoque la réanimation.  Tout d’abord, l’occasion d’un coup de sang : c’est ceux qui n’y foutent jamais les pieds qui en parlent le mieux (…) La médecine et la recherche éthiques et propres sont mortes et enterrées à l’occasion de cette crise sans précédent. Sur l’autel de la mégalomanie de quelques gourous à la tête de sectes mafieuses, dont la médiocrité scientifique n’a d’égal que la malhonnêteté intellectuelle. Les fleurs ont été déposées par les légions d’imbéciles des réseaux sociaux, parfois en service commandé. Les couronnes ont été déposées par des pantins de plateaux télé de chaînes d’info en continu irresponsables. Vol au-dessus d’un nid d’irresponsables. Mais c’est aussi le moment d’écouter les réanimateurs, par exemple Damien Barraud a 45 ans, réanimateur à l’hôpital de Metz-Thionville.   On ne peut guérir tout le monde. Nous sommes des soignants, pas le Petit Jésus ou tout autre druide barbichu. S’en rendre compte est vital. Pour ne pas disjoncter. On tente de guérir le malade. Et quand on ne peut pas, il faut savoir s’arrêter, jeter l’éponge de soins devenus futiles, ne pas sombrer dans l’acharnement, et accompagner la fin de vie. A good life, and a good death. Bien accompagner un patient et ses proches, assurer une bonne fin de vie est aussi important qu’aboutir à la guérison.

James Gouldthorpe a tagué cette illustration #frontlineworkers . Ils sont tous épuisés, ceux qui, depuis mars, n’ont pas vraiment quitté le front

Pour Samuel Paty

Remedium  est professeur des écoles en Seine-Saint-Denis depuis 2005, il réalise aussi des bandes dessinées dénonciatrices de la violence faite aux enseignants par l’Éducation nationale française. A l’assassinat de Samuel Paty, il a immédiatement réagi: Découvrez l’histoire de Samuel, le dernier épisode en date de  Cas d’école: Et surtout, n’hésitez pas à partager pour participer à ce que le nom de Samuel Paty continue de résonner longtemps.

Samuel, professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, menait sa mission d’enseignant avec passion. Le vendredi 16 octobre 2020, il  a été assassiné et décapité pour avoir montré des dessins en classe. L’écriture est parfois bien dérisoire face à la barbarie humaine. Mais le courage de Samuel nous interdit à tous de sombrer ou de baisser les bras. Sa mort ne doit pas non plus masquer certaines réalités: non, Samuel n’était pas un soldat de la laïcité tombé pour la patrie. Il était un enseignant, et cette tâche était déjà énorme. En sa mémoire, découvrez « L’histoire de Samuel.

La suite sur le Facebook de Remedium . Pour pour découvrir ses travaux, voir son site le blog de Lu Cie & Co ici ou ici ou sur  Mediapart

 

De l’incertitude

Aujourd’hui, le British Medical Journal titre son éditorial Covid-19’s known unknowns (Les inconnues connues du Covid-19) dans lequel il appelle à l’humilité,  si pas au silence, les spécialistes autoproclamés et polycompétents  qui trustent les médias alors que les experts ont mis des dizaines d’années pour approcher un fragment d’une des nombreuses connaissances; les obligeant alors à un travail interdisciplinaire et à l’écoute des collègues d’autres disciplines . Reconnaître un peu plus l’incertitude pourrait améliorer non seulement l’atmosphère du débat et de la science, mais aussi la confiance du public, ajoutent-ils.

Pour sa part l’Observatoire du conspirationnisme a organisé son concours d’illustration; celle de Frédéric Siebert (2ième prix) pourrait utilement accompagner l’éditorial du BMJ

Evitez les foules, disent-ils

Transports en commun bondés à l’heure de pointe: « On ferme les bars à Bruxelles mais les transports en commun sont remplis », titre RTL en accompagnant son article de stations de métro effectivement bondées. A quoi , le virologue Marc Van Ranst répond sur Twitter « Le télétravail doit redevenir la norme de toute urgence ».

La question semble faire le tour du globe puisque les illustrations anciennes (ici une de celles d’Ernie Bushmiller de 1943) réapparaissent pour illustrer ce paradoxe.

Les marchands de déni, les rassuristes et le manque de leadership

Sous l’angle virologique, Emmanuel André explique très bien pourquoi, la pandémie s’étend à nouveau. Mais il est aussi question des retards de décision et, à ce propos, du rôle des « marchands de dénis » (Bruxelles) ou des « rassuristes« (France) qui tentent d’inoculer le doute sur les mesures sanitaires.

Aux USA, à quelques encablures de l’élection présidentielle, le New England Journal of Medecine sort de sa réserve et publie un éditorial au picrate « Mourir dans un vide de leadership » qui se conclut ainsi « En ce qui concerne la réponse à la plus grande crise de santé publique de notre temps, nos dirigeants politiques actuels ont démontré qu’ils sont dangereusement incompétents. Nous ne devrions pas les encourager et permettre la mort de milliers d’autres Américains en leur permettant de conserver leur emploi. » Time Magazine partagerait-il cet avis? De son côté, le New York Times a retrouvé les photos de l’intronisation de la Juge  Barrett à la Maison Blanche, cérémonie qui donna lieu à de multiples contaminations (il devient impossible de les compter)  .

De la police, qui nous protégera?

Quoi donc après les applaudissements pour les soignants? Samedi dernier, La Santé en Lutte organisait une manifestation calme et dans le respect des distances. Calme jusqu’au moment où les choses commencèrent à dégénérer. On lira par exemple le témoignage désolant de cette maman venue soutenir les soignants avec son fils d’un an. « On voit un mec et puis une femme se faire frapper. Pas « calmer ». Frapper. C’est autorisé, ça ? Une personne pleure devant cette violence. Qu’est-ce que je fais ? Qui appeler quand c’est la police qu’on dénonce ? Surtout mettre mon fils à l’abri. C’est comme ça que ça fonctionne, la peur ? Une ambulance arrive, très rapidement »

Artiste muraliste, Seth parcourt le monde. En lien avec la crise  du COVID-19, il a réalisé avec une nouvelle série de peintures murales. Peintes dans le treizième arrondissement de Paris, ces œuvres d’art mettent en scène des enfants au milieu d’une aventure imaginaire ou d’une activité ludique : l’un d’eux chevauche un pigeon surdimensionné, un autre souffle des bulles multicolores, et un couple semble flotter au-dessus du sol pour s’embrasser.

Stop dropping masks

Depuis quelques temps, on voit fleurir les panneaux rappelant l’obligation de porter un masque dans l’espace public. Joel Holland nous propose un panneau complémentaire invitant à ne pas jeter  les masques n’importe où. Au même moment,  le Collectif de la Consigne Bruxelloise lutte pour une ville plus propre, durable et circulaire et lance une pétition parlementaire auprès du Parlement bruxellois pour la mise en place d’un système de consigne sur les canettes et bouteilles en P.E.T.

Plages

Les plages sont bondées et, du coup, parfois carrément interdites d’accès comme au Sénégal , ou alors au bord d’une catastrophe écologique, telle la marée noire annoncée à l’île Maurice. Car hélas, le monde continue de (mal) tourner. Le monde dans toute sa réalité, sa cruauté, bien loin de celui proposé par Stéphane Mahé dans son exposition et son livre à paraître : « Somewhere », lieu que l’on souhaiterait rejoindre.

« La beauté du monde, le miracle de la présence des choses, dit-il à  Fabien Ribery, oui, ça me parle comme tout un chacun. Ce que j’aime dans mes errances photographiques, comme vous dites, c’est la mise en disponibilité envers ce qui nous entoure, être au plus proche d’une certaine harmonie entre le moment, le lieu, se laisser « partir Somewhere »… C’est être comme absorbé, c’est une sorte de parenthèse temporelle. Ce que j’évoque n’est pas exceptionnel en terme de ressenti, chacun de nous vit des instants de la sorte, mais c’est juste pour suggérer l’état d’esprit dans lequel je peux être dans ces moments-là. »

Self isolation

Avec son humour habituel, Glen Baxter propose une vision surréaliste du confinement et de la distanciation sociale pour la revue The Plague

Cette revue ponctuelle se veut plus miroir que morbide. « Les contributeurs partagent une vision du monde profondément ancrée qui privilégie les valeurs humanistes et les préoccupations environnementales par rapport au système capitaliste tardif dominant, qu’ils expriment dans une variété de styles et de formes d’art. Ce groupe international… ne peut avoir été constitué qu’à l’ère d’Internet, lorsque les créateurs du monde entier peuvent former un village mondial virtuel de valeurs partagées ».