Celui qui est parti est l’amour de quelqu’un

Cette semaine, dans un de ses mails réguliers, l’école se santé publique Johns Hopkins met à l’honneur cette photo d’Andressa Anholete. Au cours de la performance  « Whoever left is someone’s love »  des artistes brésiliens ont rendu hommage aux 30 000 vies perdues par le coronavirus dans leur pays en lâchant des ballons rouges en forme de cœur dans la capitale Brasilia. C’était, il y a quinze jours, nous en sommes à bientôt 50.000. Chiffre dérangeant, au point que le président Jair Bolsonaro ait ordonné l’arrêt de la publication de ces statistiques. En réaction, plusieurs organes de presse ont joint leurs forces pour compiler et diffuser ces données. Il est des photos moins jolies…

Une statue, encore…

Il aura beaucoup été question de statues en ce début juin; en voici une qu’il n’est pas question de déboulonner. Pour rendre hommage au personnel médical et à sa mobilisation en période Covid-19, le sculpteur letton Aigars Bikse a érigé une statue de 6m de haut devant le musée d’art national de Riga. La sculpture, réalisée en mousse et recouverte de polyuréthane a été délibérément créé dans sa taille impressionnante car  il s’agit « de montrer que les personnes ayant des problèmes de santé dépendent de l’attention, des soins et des connaissances des médecins, tout comme les enfants dépendent de leurs tuteurs légaux ».

Au même moment, 220 cortèges de soignants parcouraient la France et la  Fédération des infirmiers de Belgique déclarait que la Ministre de la santé, Maggie De Block,  » n’est plus à sa place ». Comme de nombreuses associations, Santé en lutte, se bat pour que la reconnaissance des professionnels de santé aille plus loin que des applaudissements et des statues.

 

The gigantic change

Dans un court métrage (3min) coréalisé par Extinction Rebellion et Passion Pictures,  Whoopi Goldberg prête sa voix pour raconter une histoire sur la façon dont il est temps de planifier la « reconstruction de notre monde post-Covid »: The Gigantic Change.

Un monde post-Covid…, d’autant que  « La crise du coronavirus est une crise écologique » comme l’explique notamment Serge Morand.

 

Respirer

L’artiste Jammie Holmes a voulu mener un « acte de conscience sociale et de protestation ».  Le samedi 30 mai, il a déployé, dans 5 villes à travers les États-Unis,  des avions dont les banderoles présentaient les derniers mots de George Floyd. Ce même jour, alors qu’il voulait ainsi soutenir la manifestation nationale contre la brutalité policière au sein de la communauté afro-américaine. La veille, Donald Trump émettait un tweet violant les règles de Twitter sur l’apologie de la violence. «Toutefois, Twitter estime qu’il est dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible. Le chef de police de Houston, est plus net encore: Please, keep your mouth shut if you can’t be constructivelance-t-il à Trump, avant de lui donner une leçon de leadership.

I can’t breathe, la plainte George Floyd rejoindrait-elle celle des mourants abandonnés au covid-19? Ou, beaucoup plus largement, au sens figuré, à celle de tant d’autres personnes oppressées ?

Donner place aux morts

Nous avons vu ces terribles images d’instruments de chantier et de travailleurs qui enterraient de manière industrielle des dizaines de cercueils. A l’inverse Le New York Times a décidé de donner une place aux morts en rappelant leur nom, leur âge, leur profession, en mentionnant parfois  leurs derniers mots… sur sa première page, sur son site Internet . Incalculable, de fait.