Reset ou recyclage?

Sous le titre de « Reset », Vogue Grande Bretagne présente en couverture des œuvres originales des grands artistes et photographes britanniques, dont David Hockney (ci-dessous), Nadine Ijewere, Tim Walker, Nick Knight, Lubaina Himid, Mert Alas, David Sims, Marcus Piggott, Jamie Hawkesworth, Juergen Teller, Alasdair McLellan, Martin Parr, David Bailey et Craig McDean. Les tirages originaux de chaque représentation de la nature – qu’il s’agisse d’un horizon quotidien ou du souvenir d’un endroit qui a beaucoup manqué – seront mis aux enchères au profit d’associations caritatives de Covid-19.

Vogue nous dit que L’impact de Covid-19 sur notre planète a été évident dès le début de la pandémie, lorsque le monde s’est réjoui de voir les dauphins nager dans les ports sardes et les eaux devenir cristallines dans les canaux de Venise, tout en profitant d’une réduction des niveaux de pollution dans leurs villes natales. « Certains commentateurs ont soutenu que Covid-19 était une vengeance planétaire pour les ravages causés par les humains sur les systèmes naturels », explique l’écrivain Helen Macdonald (…) . « D’autres, plus calmes, plus prudents et plus humains, se sont demandé si cela pouvait signaler un reset dans notre relation avec la nature. Même avant la pandémie, l’urgence climatique actuelle nous obligeait à repenser d’urgence les termes de cet engagement ».

Vogue va-t-il faire son propre reset?

Violence policière

Tandis que le  New-York Times montre comment la violence peut exploser en 60 secondes, Jérôme Lagarrigue expose jusqu’au 11 juillet à la Galerie Olivier Waltman, il y explore le thème de la violence urbaine et les défis auxquels la communauté noire est encore confrontée aujourd’hui aux USA.

Sa série, The Fire This Time, fait référence au livre phare de James Baldwin, The Fire New Time, qui était un plaidoyer passionné pour « mettre fin au cauchemar racial » en Amérique en 1963. On y lit  phrase célèbre « Nous, noirs et blancs, avons profondément besoin les uns des autres ici si nous voulons vraiment devenir une nation ».

Concert pour le biocène

Pour sa réouverture, le Gran Teatre del Liceu de Barcelone a mis en scène l’interprétation de Crisantemi de Puccuni devant un public composé de plantes. Les 2 292 places de l’auditorium étaient chacune occupées par une plante, laquelle a ensuite été offerte à un professionnel de santé; ceux-ci ayant servi « sur le front le plus dur et dans une bataille sans précédent pour nos générations »

Interprétation par le quartet Uceli (Yana Tsanova, violin – Oleg Shport, violin – Claire Bobij, viola – Guillaume Terrail, violonchelo)

Celui qui est parti est l’amour de quelqu’un

Cette semaine, dans un de ses mails réguliers, l’école se santé publique Johns Hopkins met à l’honneur cette photo d’Andressa Anholete. Au cours de la performance  « Whoever left is someone’s love »  des artistes brésiliens ont rendu hommage aux 30 000 vies perdues par le coronavirus dans leur pays en lâchant des ballons rouges en forme de cœur dans la capitale Brasilia. C’était, il y a quinze jours, nous en sommes à bientôt 50.000. Chiffre dérangeant, au point que le président Jair Bolsonaro ait ordonné l’arrêt de la publication de ces statistiques. En réaction, plusieurs organes de presse ont joint leurs forces pour compiler et diffuser ces données. Il est des photos moins jolies…

Une statue, encore…

Il aura beaucoup été question de statues en ce début juin; en voici une qu’il n’est pas question de déboulonner. Pour rendre hommage au personnel médical et à sa mobilisation en période Covid-19, le sculpteur letton Aigars Bikse a érigé une statue de 6m de haut devant le musée d’art national de Riga. La sculpture, réalisée en mousse et recouverte de polyuréthane a été délibérément créé dans sa taille impressionnante car  il s’agit « de montrer que les personnes ayant des problèmes de santé dépendent de l’attention, des soins et des connaissances des médecins, tout comme les enfants dépendent de leurs tuteurs légaux ».

Au même moment, 220 cortèges de soignants parcouraient la France et la  Fédération des infirmiers de Belgique déclarait que la Ministre de la santé, Maggie De Block,  » n’est plus à sa place ». Comme de nombreuses associations, Santé en lutte, se bat pour que la reconnaissance des professionnels de santé aille plus loin que des applaudissements et des statues.

 

The gigantic change

Dans un court métrage (3min) coréalisé par Extinction Rebellion et Passion Pictures,  Whoopi Goldberg prête sa voix pour raconter une histoire sur la façon dont il est temps de planifier la « reconstruction de notre monde post-Covid »: The Gigantic Change.

Un monde post-Covid…, d’autant que  « La crise du coronavirus est une crise écologique » comme l’explique notamment Serge Morand.

 

Respirer

L’artiste Jammie Holmes a voulu mener un « acte de conscience sociale et de protestation ».  Le samedi 30 mai, il a déployé, dans 5 villes à travers les États-Unis,  des avions dont les banderoles présentaient les derniers mots de George Floyd. Ce même jour, alors qu’il voulait ainsi soutenir la manifestation nationale contre la brutalité policière au sein de la communauté afro-américaine. La veille, Donald Trump émettait un tweet violant les règles de Twitter sur l’apologie de la violence. «Toutefois, Twitter estime qu’il est dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible. Le chef de police de Houston, est plus net encore: Please, keep your mouth shut if you can’t be constructivelance-t-il à Trump, avant de lui donner une leçon de leadership.

I can’t breathe, la plainte George Floyd rejoindrait-elle celle des mourants abandonnés au covid-19? Ou, beaucoup plus largement, au sens figuré, à celle de tant d’autres personnes oppressées ?